Tchad : Comment de nouvelles techniques agricoles transforment la vie d’une famille

Dans le département du Mamdi, au Tchad, l’agroécologie permet à Abakar d’améliorer la vie de sa famille : rendements accrus, coûts réduits et scolarisation de ses huit enfants.

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Abakar Adam Maloum harvested more onions than he could store this year. Photo: LWF/S. Youta Nchoutnsou

Cette année, Abakar Adam Maloum a récolté plus d’oignons qu’il ne pouvait en stocker. Photo : FLM/S. Youta Nchoutnsou

Dans le département du Mamdi, l’agroécologie de la FLM aide un père à subvenir aux besoins de sa famille 

(LWI) - Au cœur du village de Gambia, dans le département de Mamdi au Tchad, Abakar Adam Maloum, 40 ans, mène aujourd’hui une activité agricole florissante. Marié et père de huit enfants, il a grandi dans l’agriculture, mais malgré les années d’expérience, il faisait face à des rendements faibles, des pertes récurrentes et un accès limité aux techniques modernes. 

En 2024, sa rencontre avec la Fédération Luthérienne Mondiale (LWF) a marqué un tournant décisif. Intégré dans un champ école paysan (CEP), Abakar a bénéficié d’un appui matériel composé d’outils agricoles et de semences variées (oignon, gombo, maïs, laitue, carotte, concombre). Plus important encore, il a reçu des formations pratiques sur les itinéraires techniques de production, la fabrication de l’engrais organique et l’usage des biopesticides naturels, jusque-là inconnus de lui. 

Aujourd’hui, mes cultures sont plus résistantes aux insectes.

Abakar Adam Maloum, Tchad 

« Avant, je n’avais jamais utilisé les biopesticides. Aujourd’hui, je vois leur utilité : mes cultures sont plus résistantes aux insectes. », témoigne Abakar. 

De nouvelles techniques, des résultats immédiats 

Sur 1,5 hectare, il cultive désormais en appliquant ces nouvelles méthodes, en collaboration avec sa femme. Ensemble, ils produisent leur propre compost à base de ressources locales : terre noire, déjections de bétail, cendres, paille et déchets de poulailler. Cette autonomie dans la fertilisation des sols renforce la durabilité de leur production. 

L’impact est immédiat : meilleure productivité, réduction des dépenses, et surtout, amélioration des conditions de vie. Grâce à ses revenus, Abakar parvient à scolariser tous ses enfants, à assurer leur suivi de santé et à répondre aux besoins essentiels du ménage. 

L’oignon, sa culture principale cette année, lui a donné de bons résultats. Toutefois, la quantité produite dépasse sa capacité de conservation, un défi qu’il tente de surmonter au quotidien. Heureusement, sa réputation dans le village lui vaut la confiance de nombreux acheteurs. 

« Je n’ai même pas besoin d’aller au marché. Beaucoup de gens viennent acheter directement chez moi pour revendre au marché. C’est ma plus grande chance », explique-t-il avec fierté. 

Encouragé par ses progrès Abakar nourrit aujourd’hui de nouveaux projets. Il souhaite d’agrandir sa surface cultivée et rêve de disposer d’un moyen de transport pour atteindre de nouveaux marchés. 

« Son histoire montre comment un soutien ciblé et durable – fondé sur le partage des connaissances – peut renforcer la résilience des petits exploitants face au changement climatique, tout en promouvant l’égalité de genre et l’autonomisation économique des familles rurales », souligne Ngolsou Keting, représentant national de la FLM au Tchad.

L’école agricole décrite dans cette histoire fait partie du projet Adaptation au changement climatique sur la base d’une approche transformatrice en matière de genre, financé par Affaires mondiales Canada et Canadian Lutheran World Relief (CLWR), et mis en œuvre par les programmes nationaux de la FLM au Cameroun et au Tchad. Avec un budget de 9,5 millions d’euros sur trois ans, il bénéficie indirectement à plus d’un demi-million de personnes.

FLM/ S. Youta
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Gambie
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